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SloMo: Neurologue, Il Quitte Tout Pour Devenir Une Légende Du Roller

Pacific Beach, une magnifique bourgade côtière de San Diego, a son lot de célébrités locales. Certaines connues, d’autres moins. Slomo en fait partie. Il glisse en roller le long de la marche qui borde l’océan. On peut l’y apercevoir 2 à 3x chaque jour.

Son passage captive le regard des enfants intrigués, tout comme celui des parents souvent médusés. Slomo, aka John Kitchin, tout le monde le connaît mais personne ne sait vraiment qui il est. Glissant dans la position du superman sur ses rollers, il arpente la balade qui longe la plage en slow-motion.

C’est un solitaire qui semble propulsé par une mission tout en arborant un sourire aussi large qu’un piano et l’innocence d’un enfant de 10ans. L’homme, bientôt agé de 70ans, jubile tel un môme devant un magasin remplis de bonbons chaque fois qu’il chausse ses patins. Il parcourt les bords de plage dans sa position favorite: les bras déployés et un pied en l’air.

SloMo (acronyme de Slow Motion)

L’homme derrière Slomo mérite une introduction digne des plus grands blockbusters hollywoodiens. Chaque jour depuis 20ans, il skate le long de la balade de Pacific Beach en écoutant sa musique favorite. Il glisse au ralenti, tel un film enregistré à haute vitesse qu’on rejouerait à vitesse normale.

Le créateur m’a donné ce nom, slomo.

La plupart des gens ne croiront pas que slomo était un neurologue de renom. La plupart le croient fou. Il est sans doute bien moins taré que ce que l’on croit.

Son Histoire

John Kitchin est né en Caroline du Nord. C’était un enfant comme tous les autres. Il aimait les mêmes jeux que les enfants de son âge: se déguiser en cow boy ou encore faire du vélo. Il entreprend des études en neurologie et psychatrie pour devenir neurologue. Ayant obtenu son diplôme avec succès, il devint un neurologue réputé. Il parcourait les hôpitaux qui avaient besoin de ses services pour soigner leurs patients.

Il se souvient d’une expérience particulière. Alors qu’il attendait dans la file de la cantine pour prendre son repas, un vieille se tenait près de lui. Il lui demanda quel âge il avait, et il lui répondit:

J’ai 93 ans.

Tandis qu’il remplissait généreusement son plateau de nourriture, l’homme se tourna à nouveau vers John et lui dit:

Fait ce que tu as envie de faire.

Celà fut comme un choc. Cette phrase a résoné en lui comme un appel. Il se sentait perdu dans un monde rationnel. Durant les 20 prochaines années qui ont suivi, John s’est marié et a eu un fils. Le mariage n’a hélas pas fonctionné. Sa vie ne tournait qu’autour du travail et de la possession matérielle.

Il avait tout pour être heureux selon certains: une immense propriété, une BMW, une Ferrari, un court de Tennis privé et même une ferme d’animaux exotiques.

En quittant mon travail le soir, je me disais: combien de temps dans ma journée m’a élevé spirituellement? Combien de ce temps a contribué à m’élever financièrement? Après calcul, j’étais 90% spirituel dans mon âme, mais mes activités étaient à 90% financières.

En se rendant à son travail le matin, il faisait la rétrospection sur sa vie:

C’est la façon la plus stupide et la plus absurde de passer le peu de temps qu’on a dans une vie.

Mais, il y a été poussé par la société elle-même. Puis, il a eu l’opportunité d’arrêter tout ça. Sa vision se dégradait peu à peu, à force de travailler de façon acharnée. Il ne reconnaissait plus les gens.

Je perds la vision. Je vais devenir aveugle.

Celà affectait son travail et l’empêchait d’être efficace. Il commença à reconnaitre les gens en fonction de la couleur de leurs vêtements. Il développa la capacité de reconnaître des traits de personnalités chez les personnes en fonction des habits qu’ils portent.

Et si je vendais tout pour recommencer à zéro, une nouvelle vie? Devenir la personne que je veux être.

Le réveil

Il n’avait pas à être docteur pour le reste de sa vie. Et il s’est remémoré le vieil homme qu’il a croisé à la cantine il y a bien des années. En réfléchissant à ce qu’il voulait faire de sa vie, la réponse fût étonnamment simple.

John voulait simplement faire du roller. C’est ce qui le rendait heureux.

J’adore faire du roller. C’est ma passion. Parfois j’en fait jusqu’au bout de la nuit. Plus j’y porte d’attention, plus j’aime en faire.

Il n’habitait pas à San Diego à ce moment là. Cependant, il avait travaillé à l’hôpital navale de San Diego pendant la Guerre du Vietnam. Il a adoré l’endroit. Lorsqu’il a jeté sa blouse de neurologue en 1998, il est retourné à San Diego pour devenir Slomo.

Il retourne chaque jour, chaque nuit, religieusement, faire du roller sur la balade qui longe la plage. C’est ce qui le rend vraiment heureux. Il a vendu la plupart des possessions matérielles qu’il avait accumulé. Avec le pécule ainsi constitué, il a acquis un modeste studio et investit le reste.

La Transe

C’est en skatant sur ses rollers qu’il expérimente pour la première fois la transe, se sentir dans la zone.

Je me suis dit que j’étais fou! Et puis j’ai commencé à étudié pourquoi je ressentais un tel plaisir à faire du roller.

On ressent un sentiment profond de plénitude et de bonheur. Selon ses explications, celà se produit lorsqu’on combine deux facteurs:

  • on se déplace: le mouvement et l’accélération ressentie par l’oreille interne done al sensation de se mouvoir par rapport au centre de la Terre et,
  • la musique classique: couplée au mouvement, elle crée une transe.

Si vous avez la chance de discuter avec lui un jour, vous trouverez qu’il a de la culture, une grande intelligence et ses croyances vous surprendront sûrement. Personne ne le croyait sain d’esprit, et même lui croyait être atteint d’une maladie mentale.

Qui est ce SDF? Il est drogué ou quoi?!

Un commerçant du coin

Franchement, la plupart des gens qui le croisent le trouvent fou. Certains respectent sa santé physique pour son âge: à 70ans, il skate excellemment bien, et celà tous les jours!

Tout le monde a la capacité de rêver et de donner réalité à ses rêves. On appelle ça la désillusion personnelle. Et vous choisissez de le croire parce que vous l’avez choisi.

Lorsqu’il skate, il essaie de régresser jusqu’à devenir un enfant de 11ans. Comme il le dit: Parce qu’ensuite, avant même que vous vous en rendiez compte, vous êtes propulsé par la vie dans la trentaine.

Redéfinir ses Croyances

Ce que nous voyons tous les jours à la télévision, sur internet ou les réseaux sociaux crée une image de ce qu’est l’accomplissement de soi. Posséder une belle voiture ou une belle maison sont les signes que vous avez réussi. John pourrait avoir tout ça, s’il le voulait. Mais il a choisi une vie merveilleusement simple.

il a réduit sa vie à l’essentiel: un appartement et une paire de bons rollers.

Une fois que l’on a vu la lumière, on sait que l’on ne sera pas satisfait tant qu’on a pas vécu une espèce d’expérience divine. Chacun le vit différemment. Moi, c’est en faisant du roller que je vis cette expérience.

Il ne s’identifie plus en tant que médecin. Parfois, il lui arrive encore de donner ça et là quelques conseils médicaux à la famille.

J’essaie maintenant de vivre ma vie jusqu’au bout, sans redevenir un connard. Je fais simplement ce que j’ai toujours voulu faire: skater.

Suite au reportage vidéo sur slomo, des milliers de gens à travers le monde sont venus lui rendre visite. Ils veulent des conseils sur comment mener leur vie. En tant que neurologue et psychologue, John Kitchin insiste sur le fait que:

La vie consiste à trouver ce qui nous rend heureux par notre propre volonté.

Sommes-nous vraiment obligé de contribuer au bien de l’humanité en travaillant toute notre vie? Qui a décidé que les biens matériels (voiture, maison etc.) représentent la reconnaissance sociale et l’accomplissement de soi?

L’existence même de slomo est une remise en question de l’ordre établi. A mon sens, slomo fait une révollution à sa façon: il proteste pacifiquement, en faisant du roller, contre l’escalade du consumérisme.

Author

Mr Tortue

Reptile à carapace dure particulièrement lent

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